Barcelone-Real Madrid: 5-0. Les barcelonais, faciles
Mardi 30 novembre 2010
On s’attendait à un choc de titans, mais ce fut celui d’un bulldozer contre un mur en carton pâte.
Comme une hypothétique confrontation entre Mike Tyson et Brahim Asloum. Deux champions, certes, mais qui ne jouent pas dans la même catégorie.
Le match du siècle, au lieu de 90 minutes, n’aura duré qu’un petit quart d’heure. Le temps d’une première tentative de Messi qui devait s’échouer sur le poteau, et qui serait immédiatement suivie d’un premier but de Xavi, puis d’un deuxième de Pedro. L’issue du match ne faisait déjà plus aucun doute, et la démonstration va se poursuivre tout au long de la première mi temps sans que les catalans ne cherchent à se surpasser, se contentant dans un premier temps de faire circuler le ballon. Relégués au rang de sparring-partner, les blancs madrilènes vont s’échiner à courir derrière la ballon, ne parvenant qu’à s’en saisir qu’en de trop rares occasions, et pour ne pas en faire grand chose. Complètement dépassés, ils n’obtiennent au mieux que quelques corners, mais à aucun moment ils n’apporteront le danger dans la surface de réparation catalane. Les stars madrilènes ne brilleront pas aujourd’hui, et les Ronaldo, Ozil et autres Benzéma, titulaire pour une fois, ne parviendront jamais à s’organiser et à distribuer un peu de jeu, muselés par un milieu catalan aussi efficace en défense qu’il l’est en attaque.
En deuxième mi temps c’est encore pire
Les plus optimistes de madrilènes attendaient de Mourinho qu’il sorte sa baguette magique, et espéraient certainement un sursaut à la mi temps. Mais en guise de cela, non seulement la main mise barcelonaise sur le jeu a continué, mais elle s’est sensiblement accrue malgré la rentrée de Lassana Diarra au milieu du terrain madrilène. Puis de nette, la domination est passé au stade de totale pendant une vingtaines de minutes, entre la 50ème et la 70ème. Les blancs ne disposant du ballon que le temps de se le faire reprendre. Tout comme à l’entrainement, on assistait donc à d’interminables passes à 10 qui devaient amener deux buts supplémentaires. Les deux inscrits par Villa sur des passes lumineuses autant que décisives de l’intenable Léo Messi magistral à la baguette.
Les remplaçants s’y mettent aussi
A la fin du temps réglementaire on s’acheminait donc tranquillement vers le 4-0, mais les deux remplaçants catalans voulant aussi participer à la fête, vont s’illustrer sur une dernière action, ou Bojan échappé coté droit adressera un bon centre repris victorieusement par Jeffren au point de penalty.
5-0, les madrilènes boiront donc le calice jusqu’à la lie et ses défenseurs qui n’avaient encaissé que six buts au cours des 12 premières journées de championnat, vont pouvoir rentrer la tête pleine de souvenirs à cauchemarder.
Cette ultime humiliation aura raison de l’état mental de Sergio Ramos, qui ivre de rage et de colère, subira une malheureuse déconnexion neuronale, lui faisant commettre une agression totalement insensée sur Messi dont on se demande encore comment il n’y a pas laissé une jambe. S’en suivra logiquement le carton rouge le plus mérité du monde. Non content de sa précédente agression, et toujours hors de contrôle, il trouvera le moyen d’aller bousculer Pujol puis Xavi, et on pourrait craindre que les futures retrouvailles en équipe d’Espagne ne ternissent quelque peu l’ambiance au sein du groupe champion du monde..
67% de possession de balle à la fin de la partie, les barcelonais n’auront donc pas traité les madrilènes différemment que les malheureux andalous d’Alméria qui avaient essuyé un cinglant 8-0 la journée antérieure. Catastrophe dont le médiatique hâbleur Ronaldo, se croyait largement à l’abri.
L’expérience lui aura démontré que non.
Un non match
Hélas, nous n’aurons donc pas assisté à un beau match de football, mais plutôt à une séance d’entrainement de l’équipe de Barcelone aux dépends de celle de Madrid. Premiers jusqu’à aujourd’hui, on pensait les madrilènes capables de rivaliser pour le tire, mais à la suite de ce match et de l’abîme qui semble séparer ces deux équipes, on voit mal comment le titre pourrait échapper à Barcelone cette année encore.
Malheureux Benzéma, qui titulaire en l’absence de Higuain, se retrouve empêtré dans ce bourbier catalan et n’aura eu à aucun moment l’occasion de briller. Pris dans le naufrage collectif du bateau blanc, il n’aura pas pu profiter de cette titularisation pour marquer des points auprès de son coach, faisant même preuve d’une certaine mollesse dans le pressing défensif. Encore du chemin à parcourir pour Karim…

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