La génération 98 a-t-elle toujours raison ?
Jeudi 1 juillet 2010
La parole divine sort elle forcément de la bouche des ex champion du monde ?
Douze ans après la victoire de 1998, de nombreux joueurs sont aujourd’hui consultants pour les différentes chaînes de télévision, et personnellement, je commence à leur trouver un petit coté fatiguant.
Quand j’écoute Lizarazu, toujours à souligner avec insistance les erreurs de Pierre de Paul ou de Jacques, j’ai la curieuse impression, que jamais au cours de sa carrière, aucune des équipes dans lesquelles il ait joué, n’a jamais encaissé le moindre but. Mais je pourrais dire la même chose de beaucoup de nos ex champions.
A les écouter, de leur temps, tout était sous contrôle, tout était parfait, tout était prévisible, et la grande abnégation et professionnalisme de tous à conduit à leur inéluctable victoire.
Or, si effectivement, pour devenir champion du monde, il faut en effet que beaucoup de conditions sportives soient réunies, il ne faut pas négliger le facteur chance. Facteur chance, sans lequel il n’y a pas de victoire possible.
Une coupe du monde parfaite ?
Car enfin, le parcours de 98 a-t-il été si parfait ? Tout s’était il déroulé effectivement sans accrocs ?
Mon souvenir n’est pas celui là. Par exemple, je me souviens que tous les buteurs sélectionnés par Aimé Jacquet sont resté muets à partir du deuxième match de la poule et que à partir de là, seuls des milieux de terrain et des défenseurs ont fait trembler les filets.
Je me souviens d’une très pénible victoire contre le Paraguay en huitièmes sur un but en or de Laurent Blanc. Je me souviens d’un tir de Baggio, en quarts de finale, pendant les prolongations, qui est passé à deux centimètres du poteau et qui aurait pu propulser l’équipe de France directement dans le train du retour, et je me souviens aussi de la victoire aux penaltys, avec tout ce que cela comporte d’aléatoire, comme le tir au but manqué du pourtant infaillible Lizarazu.
Je me souviens d’une équipe pétrifiée de peur en demi finale et du miracle Thuram contre la Croatie, sans lequel il n’y aurait pas eu de finale… Ca commence à en faire des souvenirs…
Bref. Pour moi, le seul match vraiment maîtrisé fut celui de la finale.
Alors je voudrais simplement les inciter à un peu plus de modestie et aussi rappeler aux, Lizarazu, Barthez, Dugarry, Petit, Dessailly, et Leboeuf si prompts à donner la leçon, que l’immense déception qu’ils ont ressenti après l’élimination des bleus en Afrique du Sud; est à peu près la même que celle que l’on a tous ressenti en 2002, lorsqu’ils étaient les acteurs principaux du très court feuilleton Sino-coréen, et au terme duquel l’équipe de France s’est vue inscrite au panthéon du football comme la première équipe championne du monde en titre, ne sortant pas vivante du premier tour.
En parlant de souvenirs… je me souviens qu’à l’époque, ils avaient subi exactement les mêmes critiques que les bleus d’aujourd’hui. A savoir, des joueurs pourris gâtés par l’argent, à la grosse tête, ingérables, remettant en cause les choix du sélectionneur Lemerre, ainsi que leur grand manque de professionnalisme, et la façon dont ils avaient traité ce mondial par-dessus la jambe… Comme quoi, l’histoire n’est qu’un éternel recommencement.
Mais apparemment l’histoire, ce n’est pas le fort de la génération 98.

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