Le football anglais mal en point

Vendredi 26 novembre 2010

Après le match Angleterre-France du 17 novembre dernier, on pouvait dans un premier temps se réjouir de la bonne prestation des bleus, mais on était aussi en proie à l’inquiétude de ce qu’était devenu le football anglais, tant la prestation de ses joueurs fût décevante et loin du niveau de jeu auquel  ils nous avaient habitués dans d’autres circonstances.  Dans un premier temps, on pouvait argumenter l’absence de quelques joueurs emblématiques tels que A. Cole, Rooney, Lampard, ou Terry, mais à y bien regarder on peut en déduire que les causes sont bien plus profondes et que le chantier qui est devant Fabio Capello ne sera pas de tout repos.

Attardons nous quelques instants sur les effectifs des équipes constituant la première league et faisons un comparatif avec les 4 autres grands championnats européens.

Premier constat, dans les effectifs des vingt clubs composant la première league, il y a actuellement 55% de joueurs étrangers, ce qui classe le championnat anglais loin devant tous les autres : Allemagne 46%, Italie 41%, France 34%, Espagne 32%. Néanmoins, ce plus faible taux de joueurs nationaux est partiellement compensé par les effectifs pléthoriques des teams anglais, qui comptent en moyenne 38 joueurs. Pour résumer tout cela, il y a 763 joueurs en première league dont 343 anglais pour 420 étrangers.
Dans le même temps, il y a en France, 388 joueurs français (et 202 étrangers), en Italie 463 italiens (320 étrangers), en Espagne, 476 espagnols (220 étrangers), et en Allemagne, avec un championnat à 18 équipes,  312 allemands (272étrangers).

74 titulaires

On pourrait en conclure que finalement,  la présence d’un grand nombre d’étrangers n’est pas trop nuisible au football anglais. Mais que se passe-t-il si  l’on regarde effectivement ce qui se passe sur le terrain, et non pas dans les vestiaires ?
Prenons l’exemple des récentes journées qui se sont déroulées mi novembre.
Au cours de la 13è journée de la première league, sur les 20 équipes, n’étaient alignés comme titulaires que 74 joueurs anglais contre 146 joueurs étrangers, soit 33% seulement.
Et c’est là que le bât blesse, car dans le même temps, 136 joueurs français étaient titulaires lors de la 13è journée de la ligue 1, 123 joueurs espagnols pour la 11è journée de la liga, 126 italiens l’étaient lors de la 13ème journée du calcio et 101 allemands en 13ème journée de bundesliga.

Le « big for » sinistré

Si l’on considère que le scénario se répète à quelques unités près à chaque journée de championnat, on comprend qu’avec seulement 74 joueurs jouant régulièrement à haut niveau, soit, pas même de quoi former 7 équipes, il soit difficile pour le sélectionneur anglais de dégager une équipe type de tout premier plan.
Et c’est encore pire si l’on s’attarde sur les équipes du fameux « big for » (Chelsea, Arsenal,Man U, Liverpool),  car on se rend compte qu’à elles quatre ces équipes n’ont aligné que 7 joueurs de nationalité anglaise au cours de cette 13è journée.
A titre de comparaison, le big for français (OM, OL, PSG, Bordeaux) alignait 26 joueurs français, l’italien (Milan, Inter,Juve,Roma), 23 italiens, l’espagnol (Real, Barça,Valence,Atlético) 21 espagnols, et le big for allemand (Bayern, Dortmund, Brême,Schalke), 25 allemands.
Or on sait que ces équipes sont généralement celles qui disputent les matches de plus haut niveau, que ce soit en championnat, en ligue des champions, mais aussi au travers les différentes coupes nationales où ce sont souvent les équipes qui vont le plus loin. Ce sont celles qui logiquement, sont censées être les plus grandes pourvoyeuses de l’équipe nationale.

A détailler tout cela, on comprend mieux la problématique de l’actuel sélectionneur Fabio Capello.
Bien que disposant sur la masse d’à peu près d’autant de joueurs sélectionnables, le bassin de joueurs évoluant régulièrement en championnat est cependant beaucoup plus restreint, et c’est encore plus flagrant en ce qui concerne les joueurs les plus aguerris aux matches de très haut niveau.
C’est sans aucun doute la contrepartie d’un championnat hyper attractif qui peut capter les meilleurs éléments des autres championnats, mais au détriment de ses propres nationaux relégués à jouer les remplaçants en club.

Pas un joueur anglais à l’étranger

Par ailleurs Capello, contrairement à d’autres, ne peut même pas compter sur un éventuel contingent d’expatriés, car pas un seul joueur anglais ne figure dans les effectifs des clubs des autres championnats alors qu’en première league on peut trouver 40 français, 21 espagnols, 8 italiens et 4 allemands dont la majorité sont titulaires dans leurs clubs.

Et l’on peut être encore plus inquiet si les clubs anglais, selon l’accord qu’ils ont passé en début de saison dans le but de faire baisser les masses salariales, réduisent effectivement à terme leurs effectifs à 25 joueurs. Combien restera t il de joueurs anglais à disposition du sélectionneur ? Si rien n’est fait, une portion très congrue, à n’en pas douter.
Que de casse-têtes à résoudre pour le sélectionneur…

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